Les labos pharmaceutiques vous mentiraient-ils ?

 

Si je vous dis « TAMIFLU », vous me répondez ?

Le seul (ou presque : il y a aussi le Relanza) médicament chimique antiviral qui soit capable de vous guérir de la grippe…

Bravo, vous avez bien retenu votre leçon !

Inventé en 94 aux USA, racheté par le labo suisse Roche en 96.[1]

Un excellent produit, évidemment…

Sauf que…

Durant la saison 2004-2005 (du printemps 2004 au printemps 2005), une douzaine d’enfants japonais de moins de seize ans sont décédés juste après avoir pris du Tamiflu. Mais Roche se dépêche de signaler que les décès n’ont rien à voir avec leur booooon médicament ! Comme d’habitude, le décès est imputé à n’importe quoi, sauf aux booooons produits chimiques ![2]

À la même période, l’Agence Européenne du Médicament, alertée sur des cas de suicides d’enfants soignés au Tamiflu, surveille – selon ses déclarations – les éventuels effets secondaires du médicament et demande à Roche de fournir les données disponibles sur les graves désordres psychiatriques qui seraient liés au Tamiflu. Des effets secondaires psychiatriques ? Quels effets secondaires ? Il n’y en a pas, voyons, dans ce booooon produit !

Et en France, « le pays du médicament-roi », l’AFFSSAPS déclare qu’il n’y a pas lieu d’alarmer les Français, et que le rapport bénéfice/risque du Tamiflu est favorable. Donc, on peut continuer à prendre du Tamiflu, et tant pis s’il y a un ou deux décès de ci de là…

 

Début 2009, lors de la fameuse épidémie qui devait tuer des milliards de gens (vous savez, ce fameux H1N1), il a été prouvé que si l’on soupçonnait une grippe et qu’on vous refilait du Tamiflu, ce n’était peut-être pas une bonne idée, parce que, si le H1N1 n’était pas présent dans votre organisme au moment de la première prise, votre organisme allait développer une sorte de résistance, et quand le virus vous attaquerait réellement, le Tamiflu (et votre système immunitaire) n’auraient plus d’efficacité contre lui !

Mais, bon, Roche a expliqué qu’il s’agissait d’un produit curatif, et non préventif… Ha, ok… Un peu comme si, parce que vous avez un jour pris une aspirine sans avoir mal au crâne, l’aspirine ne faisait plus aucun effet sur vos futurs maux de crâne, quoi…

Donc, si vous soupçonnez une grippe, vous devez idéalement d’abord faire toutes les analyses de sang nécessaires avant de pouvoir prendre Tamiflu, sinon, il risque de ne plus être efficace, voire d’être « gênant » par la suite. Sachant qu’il faut « un certain temps » (le temps de passer chez votre médecin, le temps que l’analyse se fasse, et le temps que vous retourniez chez votre médecin, il y en a pour pas loin d’une petite semaine) avant d’avoir le résultat de l’analyse (pour savoir si le virus de la grippe vous attaque bien, ou pas), et sachant qu’une grippe, ça dure une petite semaine, on se demande à quel moment le Tamiflu doit être administré…

 

Fin 2005, coup de théâtre : ce booooon produit si efficace contre la grippe (humaine, aviaire, et peut-être même bien martienne !) ne serait finalement plus si efficace que ça (« plus » efficace, pour peu que son efficacité ait jamais existé). En effet, on a découvert un tas de souches de virus (de la grippe) … résistant au Tamiflu !

Cette année-là, on n’en a trouvé qu’au Japon, en Chine et au Vietnam, mais le monde est si petit que les scientifiques pensent que, dans les deux ou trois ans (maximum cinq ans), toutes les souches de la grippe pourraient bien résister au Tamiflu !

Bizarre, sept années plus tard, on ne parle plus de cette résistance… Les méchants virus auraient-ils finalement décidé de se laisser tuer sans résister ? Oui, probablement…

 

Avançons un peu dans le temps, et arrivons en octobre 2012.

Le British Medical Journal demande, par l’intermédiaire d’une « lettre ouverte », au labo Roche de bien vouloir publier tous les résultats de toutes les études concernant le Tamiflu, parce qu’il semblerait qu’il y aurait … anguille sous Roche ! Une dizaine d’études auraient été « oubliées »…

Réponse de Roche (alors qu’il aurait été plus simple, plus « transparent », de livrer toutes les études demandées) : « Nous n’acceptons pas et ne sommes pas d’accord avec le contenu de cette lettre mettant en cause notre manque de transparence ».

Bah, on ne leur demande pas d’être d’accord, on leur demande juste de dire « la vérité, toute la vérité, rien que la vérité », pas de protester contre cette demande ! Roche aurait-il quelque chose à cacher ?

Notez que ce n’est pas la première fois que le BMJ égratigne Roche à propos de son Tamiflu : chaque année, au début de l’hiver, le Journal publie un article mettant en doute la réelle efficacité du booooon produit chimique…

 

Un mois plus tard, nous sommes donc en novembre 2012, Peter Gøtzsche, un scientifique du Nordic Cochrane Centre de Copenhague, au Danemark, s’en prend également à Roche en demandant lui aussi la publication intégrale des études sur le Tamiflu.

Il suggère aux gouvernements du monde entier (qui se sont sentis « obligés » d’acheter des stocks de Tamiflu lors de la fameuse épidémie de H1N1) de carrément attaquer le laboratoire en justice au motif que l’opération « Tamiflu » serait plus une escroquerie qu’autre chose.

Et, tant qu’à faire, il demande aussi à ses confrères de boycotter l’ensemble des médicaments fabriqués par le groupe suisse, au moins « jusqu’à ce qu’il publie l’intégralité de ses données concernant l’oseltamivir »…

OOPS !

 

En vérité ?

Il n’existe, à ce jour, aucune publication de résultats d’études en double aveugle et contre placébo concernant l’efficacité du Tamiflu sur les formes graves de grippe. Il en existe effectivement bien sur les formes bénignes, études qui montrent une légère réduction de la durée des symptômes (vachement utile, quoi), mais pas sur les grippes plus « costaudes » !

Et dire qu’on voulait nous faire prendre des vessies pour des lanternes le Tamiflu pour l’antivirus miracle qui allait balayer la grippe ! Nous en sommes loin !

Si je comprends bien, une grippe soignée avec Tamiflu, ça dure une petite semaine. Une grippe non soignée, ça dure cinq-six jours ! Rien de nouveau sous le soleil, quoi…

 

 

 



[1] Déjà, on pourrait se demander pourquoi revendre les droits d’un produit unique au monde au lieu de le commercialiser soi-même, si ce produit est si efficace, mais, bon, ne soyons pas mauvaise langue…

[2] On se demande quand même ce qui, en France (mais la proportion n’est pas beaucoup différente en Belgique), cause les dix mille décès annuels officiellement reconnus par l’état français comme étant « iatrogènes »…

 

 

 

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